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Ce que Socrate ne nous a pas dit sur la Maïeutique...




Le projet de Socrate de «  faire accoucher les esprits  » par le questionnement a traversé les siècles. Et pour cause, quoi de plus efficace que d’aider quelqu’un à trouver ses propres réponses aux problèmes rencontrés ? C’est la garantie d’une solution adéquate, actionnable et, puisque c’est lui qui l’a trouvée, convaincante au minimum, voire potentiellement motivante.

Un principe qui, aujourd’hui, serait le moteur de tout coaching pertinent.

Pourtant…

Socrate ne nous a rien dit sur la façon dont il posait ses questions. Aucune trace écrite de sa méthodologie. D’ailleurs Socrate ne nous a laissé, plus généralement, aucun écrit. 

Les seuls textes relatant ses exploits de coach avant l’heure sont le fait de certains de ses disciples :


Et là, surprise ! Dans l’ensemble de ces textes, la totalité des questions de Socrate sont fermées (à 98%) démontrant son souhait d’emmener à sa seule conclusion : celle que lui, Socrate, pense juste pour son disciple.

C’est ce qu’il fait, par exemple, en demandant à Alcibiade : «  En connais-tu la raison ou bien vais-je te l'expliquer  ?  ». Il invite Alcibiade à réfléchir par le truchement de questions, mais en ayant une idée très claire des réponses à trouver.

De nos jours, Socrate n’aurait aucune chance d’être considéré comme un coach pertinent avec cette posture, mais bien comme un philosophe qui tente d’imposer sa vision, sa compréhension du monde. *

Il n’empêche ! L’objectif de la maïeutique reste un projet noble et précieux pour le développement humain. Il méritait bien de traverser les siècles. Et Socrate, même si dans les dialogues qu'on lui prête tente d’imposer sa vision, est bien le premier à avoir posé l’intention de faire accoucher les esprits.

Cependant, le coaching moderne ajoute une exigence : il s’agit de faire accoucher de solutions inédites SANS imposer les siennes. Logiquement, si la réponse d’un coaché confirme la solution présentie par le coach, le risque de manipulation est élevé.


Concrètement, un critère permet d’éviter cet écueil : la réponse doit être inédite pour le coaché ET surprenante pour le coach. 

Mais alors, comment poser une question qui amènera une réponse inédite si on ne peut pas s’inspirer de la solution pressentie  ?

C’est un des objectifs centraux de la Questiologie.


* (Si vous en doutez, je vous invite à vérifier par vous-même en cliquant sur ce lien qui regroupe plusieurs de ses textes :  http://www.philo5.com/Les%20philosophes%20Textes/Socrate_N%27aRienEcritMais.htm#_ftn7 ).


Ecrit par Frédéric Falisse