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Les paradigmes remis en question par le COVID-19

Quels sont les paradigmes remis en question par cette quarantaine mondiale ? Les identifier, au risque de se tromper, permettra peut être d'anticiper les grands changements de société à venir.

La liste ci-dessous compile de nombreux point de vue. Elle ne se veut ni exhaustive, ni irréprochable, mais bien à enrichir, au fil des commentaires que vous souhaiterez laisser.


#1. Mondialisation ou « colocation » ?

· La mondialisation (avec l’impression d’immensité) s’est transformée en colocation (avec l’impression de proximité) : nous sommes tous locataires d’un même village.

· C’est la première guerre commune partagée par TOUS les peuples contre le même agresseur. Atteint du COVID-19, un Chinois n’a jamais plus ressemblé à un Américain, un Russe ou …

· La remise en question de la mondialisation n’est qu’économique. Au contraire, l’ouverture sur le monde est toujours plus voulue, avec la conscience diffuse que la réponse à cette crise sera mondiale.

· La complexité du monde créé par l’humain et son individualisme rend le confinement géographique de certains problèmes impossible (nucléaire, pollution, virus, …). A la complexité, pas d’autre échappatoire que la solidarité.

#2. Des puissances aux pieds d’argile.

· Les Etats-Unis ont perdu leur leadership, la chine ne le récupérera pas. Les nations éduquées, préparées, solidaires servent de modèle : Corée du sud, Pays Scandinaves, la Hollande, ...

· Une guerre peut être perdue, quel que soit la puissance des armées.

· La crainte d'un ennemi invisible est plus grande que celle des ennemis visibles.

· Certaines puissances découvrent leur totale impréparation et dépendance sur des crises pourtant annoncées. La France et les Etats-Unis (par exemple) se retrouvent à mendier les masques nécessaires.

· Les pays sous-développés sont un luxe que ne pourront plus s’offrir les pays riches. Depuis toujours, le Nord ne peut se passer des richesses du Sud (minerais, denrées, …), mais, à partir de maintenant, ces pays devront être dans un état sanitaire suffisant pour ne pas relancer la pandémie à chaque importation. La sortie définitive du confinement par la réouverture des frontières dépendra de leur situation sanitaire.

· Devant l’incapacité des grandes puissances à gérer une situation vécue par tous, les théories du complot gagnent en crédibilité et fragilisent les systèmes en place.

#3. Mondialisation versus souveraineté.

· La notion de souveraineté (autonomie et indépendance d’un pays) jusqu’à présent limitée aux domaines économique et technologique, devra s'étendre au sanitaire et à l'alimentaire.

· Les objectifs de la mondialisation (optimiser la profitabilité) provoquant, dans les faits, une hyperspécialisation de certaines régions du globe qui finissent par concentrer la quasi-totalité de certaines activités (batteries de téléphone au Japon, 90% de la pénicilline en Chine, R&D dans la Silicon Valley, roses au Kenya, …), est une aberration sanitaire, alimentaire, économique et, finalement, sécuritaire. La logique financière de reléguer la production des biens à plus faible valeur ajoutée ne pourra plus s’appliquer aux produits contribuants à la sécurité sanitaire et alimentaire d’une nation.

· La fermeture des frontières reste un réflexe, mais pour la première fois à l’échelle de l’Europe. Les pays seuls ne peuvent s’isoler et espérer relancer l’économie après le confinement.  

· Le mensonge d’un seul pays trahit le monde entier. Le pouvoir chinois devra rendre des comptes aux citoyens du monde. Comme pour le nucléaire, le principe de souveraineté n’est pas acceptable pour les risques virologiques.

#4. Les Etats ne font plus les nations.

· Face à un ennemi commun et invisible, les peuples peuvent faire nation, se serrer les coudes, sans distinction de classes ou d’appartenances, fabriquant des masques, prêtant leurs appartements, faisant les courses, .... Les dissensions sociales laissent place une critique commune de l’état, de ses structures et de ses représentants.

· Cette crise sanitaire dévoile la façon dont les élites politiques conçoivent leur peuple. Comme des adultes responsables, et donc à qui il faut tout dire, dans les pays scandinaves, en Suisse ou en Corée du Sud. Comme des foules potentiellement dangereuses auxquelles il faut ne pas tout dire ou même mentir, en France, en Italie, en Angleterre par exemple. Comme des moutons qu’il faut contrôler en empêchant toute information divergente en Chine. Comme de grands enfants à qui il faut promettre joies, plaisirs et grandeurs aux USA. Pourtant, cette représentation des élites n’est plus d’actualité et les peuples, mieux informés, se veulent plus autonomes et responsables.

· La politique et l’Etat ont, normalement, pour vocation d’éloigner la peur des peuples. Après avoir trop souvent utilisé la peur comme moteur des réformes, comme on appelle au loup, la majorité des Etats et de leurs représentants apparaissent bien démunis pour gérer une vraie crise. Les élites politiques actuelles, désavouées par les nations, ne font plus Etat.

· Les aides spontanées (fabrication de masques, prêts de logements…), les innovations d’urgence (fabrication 3D, adaptation de masques de plongée, …) échappent totalement aux politiques et même aux associations.

#5. Chefs politiques ou chefs de guerre ?

· Les politiques ne sont pas seulement jugés sur leur gestion quotidienne du pays, mais également sur leurs capacités à anticiper et maîtriser les crises, en particulier si elles étaient prévisibles.

· En situation de crise, les responsables politiques doivent céder la place en transférant leurs pouvoirs aux experts (ici des médecins par exemple). Seuls ces experts ont la connaissance et la liberté nécessaires pour poser des arbitrages difficiles en faisant fi des pressions politiques et lobbys. Un médecin n’aurait pas hésité à réquisitionner des usines pour la fabrication en urgence de gel hydroalcoolique ou de masques. Finalement, Charles de Gaule était avant tout un soldat.

· Les décisions à prendre sont peu populaires : il faut pouvoir les prendre librement, sans inquiétude des conséquences sur les élections à long terme, ce qui n’est pas envisageable pour un politicien.

· La promesse politique de « tout préserver » n’offre aucun leadership. Au contraire, affronter les difficultés en annonçant clairement le prix à payer est synonyme de courage et d’autorité. Pour reprendre les mots de Churchill au moment de lancer la Grande Bretagne dans la guerre : « Je ne peux rien vous promettre que des larmes et du sang ». 

· Les injonctions des experts, des « soldats qui sont sur le terrain » ont plus d'impact que celles du président.

· Ce désaveu touche aussi bien les Etats que les institutions multilatérales : Europe, OMS, ONU, FMI, … Leur incapacité à agir, unanimement et efficacement, questionne sur leurs raisons d’être en temps de crise.

· Alors qu’en temps normal, l’incompétence est simplement sujette à la critique, en situation de crise, elle est jugée coupable et condamnable. Certaines voix dans le monde hospitalier sont passées de « nous n’en pouvons plus » à « vous avez du sang sur les mains ! ».

#6. Désinformation, mésinformation versus formation et information

· Tenter d'étouffer une information est devenu impossible, et, mésinformer n’est plus une option. Seule l’information est acceptable, même si elle est politiquement et socialement risquée.

· Le star système médiatique noie et dévoie l’information scientifique. La qualité de l’information diffusée est directement proportionnelle (et donc limitée) aux connaissances scientifiques des animateurs vedettes.

· La population s’abreuve des médias qu’elle met tout aussi vite en doute. En résulte un niveau de compréhension et une confusion générale qui ralentit l’adoption des bons comportements.

· Le manque de formation scientifique globale empêche une compréhension suffisante des enjeux et donc une adhésion de tous, générant des dissensions, de l’agressivité, et très vite des reproches, voir des accusations.

#7. Numérique : choisir un confinement plutôt qu’un autre. 

· Le digital, contrairement aux convictions encore largement répandues, est notre dernier moyen pour garder le lien avec nos parents, nos collègues, nos clients. Le virtuel nous garde humain.

· Cependant, nous sommes totalement dépendants d’outils majoritairement américains (Zoom, WebEx, WhatsApp, Facebook, …).

· Pour sortir de notre isolement, nous nous enfermons, à notre insu, dans des profils numériques de plus en plus complets. Il sera ensuite quasi impossible d'en sortir tant les suggestions et recommandations seront profilées.

· Pour garder le lien, nous faisons usages d’apps qui conservent, à notre place, les données de nos contacts. Pour garder ces nouveaux contacts, nous serons totalement dépendants du bon vouloir et des tarifs de leurs développeurs. 

· Nos réseaux sociaux, derniers remparts à l’isolement, emploient des algorithmes qui nous enferment en limitant nos diffusions, nos partages, nos likes. Nous sommes, juste à l’opposé de ce que nous recherchons en utilisant ces réseaux, confinés dans leurs algorithmes.

· Ces mêmes réseaux, pour nous garder captifs, nous confortent dans nos idées et a priori en sélectionnant pour nous les informations visibles dans nos fils d’actus. Enfermés dans ce véritable « prêt à penser » nous aurons une compréhension de plus en plus confinée d’un monde pourtant de plus en plus complexe. 

#8. Pragmatisme versus procédure sécurisée

· Les iconoclastes (Pr Raoult) créent l’espoir, endossent un réel leadership en tant de crise. Les rationnels semblent rigides et inhumains. C’était déjà le cas lorsque Winston Churchill prit les commandes à Neville Chamberlain en 1940.

· Il n’y a plus de bonne réponse, à la place, on doit espérer prendre la décision la moins mauvaise, avec l’obligation de l’assumer.

· Le refus du risque par la preuve scientifique cède face à la nécessité d’agir pour limiter la casse. Le temps nécessaire aux tests en double aveugle est perçu inacceptable face à l’urgence sanitaire. L’empirisme l’emporte.  

#9. Les dogmes économiques cèdent face aux logiques humaines.

· Sacrifice de l’économie et de la croissance pour limiter les pertes humaines : même les pays les plus libéraux, les USA en tête, adoptent des mesures sociales d’urgence.

· Les économies engrangées, en délocalisant toutes les productions à faible valeur ajoutée et réduisant les coûts des services à la population (hôpitaux, …), sont ridicules face aux pertes financières en période de crise. En 2015, Bill Gates estimait les pertes potentielles à 3000 milliards de $ si un investissement de 300 millions n’était pas rapidement fait dans les soins de santé. Cette perte est déjà dépassée, rien qu’aux USA.

· Les crash-tests jusqu’à présent conçus pour mesurer la résilience économique des systèmes, seront crédibles uniquement si ils sont validés par la réussite de crash-tests sanitaires et alimentaires.

· Le principe de flux tendu, s’appuyant sur une logistique mondialisée, n’est pas viable en situation de crise. Les fermiers qui ont des stocks de graines seront les seuls à pouvoir semer, les magasins qui ont des « sur-stocks » pourront continuer à fournir leurs clients.

· Les circuits alimentaires et sanitaires courts sont les seuls viables en situation de crise, à condition que les producteurs soient encore là. Par exemple, la dernière entreprise qui fabriquait des masques en France a fermé en 2018, notamment après la décision du gouvernement de ne plus garder de stocks de masques.

#10. La fiscalité, pompier-pyromane.

· L’état providence est plus que jamais nécessaire. 

· Cependant, certaines logiques fiscales, fragilisent considérablement les entreprises en cas de crise. Par exemple, « l’argent doit circuler », est un principe qui, décliné en taxes incitant à l’investissement et sanctionnant les épargnes, empêche les entreprises ou les particuliers de constituer des réserves financières. Du coup, l’état pompier, doit combler en urgence aux manques de trésorerie. 

· La gestion en bon père de famille, produisant progressivement des marges raisonnables, devrait être fiscalement soutenue. Les prises de risques sur des business models aux croissances débridées, générateurs de marges rapides et considérables, devraient être plus encadrées.   

#11. Agilité ou versatilité ?

· L’hyperspécialisation des métiers ou des entreprises n’est plus une chance, mais un risque. Les FNACs sont fermées alors qu’il est toujours possible d’acheter des livres en grandes surfaces. Un installateur de salle de bain est à l’arrêt, un plombier-couvreur-zingueur peut prioriser ses chantiers.

· L’agilité (s’adapter aux fluctuations de son marché) laisse la place à la versatilité (l’aptitude à changer de sujet, de domaine et de marché). Les slasheurs sont les plus aptes à survivre.

· Les business locaux devront tous offrir un service de vente à distance pour survivre. Les grandes surfaces offrent des drives ; les magasins spécialisés devront également le proposer. 

#12. Importants ou utiles ?

· Les métiers devront être revalorisés selon leur nécessité et plus uniquement en fonction de leur rareté, de leur valeur technique ou d’innovation. Un éboueur tient un rôle capital, bien plus qu’un designer automobile.

· Les héros ont changé de profil. Le courage n’est plus l’apanage des explorateurs, astronautes, soldats… mais celui de tous ces gens qui affrontent au quotidien un ennemi invisible pour servir autrui, alors que ce n’était pas initialement compris dans leur contrat.

· Beaucoup de profils « importants » se découvrent plus utiles à rester chez eux. Une perte de sens pour ceux qui pensaient compter.

#13. Les classes socio-économiques n’immunisent plus.

· La santé d’un seul devient la santé de tous. Un SDF devra être également soigné pour éviter que reparte la pandémie. 

· Plus aucun endroit où fuir, même pour les plus aisés. Une maison secondaire, si elle assure un confinement moins contraignant, ne garantit pas l’immunité. 

· Ceux qui serrent les mains et voyagent beaucoup, sont les premiers en ligne. Boris Johnson est plus vulnérable qu’un fermier isolé. 

· La médecine trie en fonction des chances de survie, pas du statut. Un sexagénaire riche mais diabétique ou obèse ne sera pas considéré prioritaire face à un modeste sans antécédent.

#14. Les pays développés sur des modèles éducatifs réussissent mieux que ceux construits sur des modèles économiques.

· Seuls les pays à un haut niveau d’éducation et de bonheur ont réussi à contenir la crise, par l’adoption individuelle et responsable des comportements qui limitent la pandémie. En ayant investi massivement dans leurs systèmes scolaires, la Hollande, les pays Scandinaves, Singapour, la Corée du Sud, la Suisse, … peuvent s’appuyer sur leurs citoyens sans avoir recours à des mesures de rétorsion.

· La capacité à penser « nous » plutôt que « je » dépend, bien sûr, de la sécurité financière de chacun, mais est également conditionnée par le niveau d’érudition et de bien-être moyen. En effet, il est très difficile de vivre un confinement lorsqu’on est mal dans sa vie, dans ses relations, dans son logement, ... Autrement dit, la réussite collective est soumise au bonheur individuel moyen.

· Le bonheur moyen est lié au développement personnel. Les cours de self-awarness, d’empathie, … sont finalement extrêmement rentables.

#15. Enseignement ou éducation ?

· L’enseignement (donner accès à la connaissance) et l’éducation (étymologiquement : élever, faire sortir) que beaucoup veulent dissocier - les professeurs sont chargés d’enseigner, aux parents d’éduquer les enfants - sont en fait intimement liés. Il est très difficile d’enseigner à un enfant mal éduqué, pas moins que d’éduquer un enfant sans connaissance.

· Apprendre le savoir-être aux ados, le fonctionnement de l’humain en société est aussi important que d'enseigner les maths. A défaut de service militaire ou civique, penser "nous" plutôt que "je" doit être ré-enseigné. De nombreux pays ont déjà mis le savoir-être avec soi et avec les autres aux programmes scolaires : cours d’empathie, de méditation, de socialisation. Les systèmes qui veulent scinder la formation du savoir-être devront constater leur échec lors d’une crise.

· Le développement du bien-être des adolescents demande des compétences et connaissances spécifiques dont très peu disposent. Se retrouvant en tête à tête avec leurs enfants, les parents qui en faisaient le reproche aux professeurs se découvrent tout aussi désarmés.

· Les enfants acquièrent le savoir théorique sur des vidéos YouTube ou avec des apps éducatives, de façon plutôt efficace et souvent plaisante. L’enseignement devra offrir quelque chose de plus que la simple transmission du savoir pour justifier de se réunir en classe.

· Les adultes qui partageaient l’idée que le bac est « donné », découvrent qu’ils ne maitrisent pas les fondamentaux du lycée, pas suffisamment en tout cas pour les enseigner.

· Les lycéens s’interrogent de plus en plus sur la nécessité d’étudier pour réussir. Or, bon nombre d’entre eux vont découvrir leurs parents, qui sont pourtant leur modèle de réussite, incapables d'expliquer les maths ou le Français. Alors, à quoi bon étudier ces matières si même les parents démontrent qu’elles ne sont pas nécessaires pour se réaliser ?

· Les Etats qui conçoivent leur système d’enseignement comme outil de normation (la France avec son collège unique) et de compétition (les grandes écoles) sont moins performants que ceux ayant dédiés leur éducation à l’individuation.

#16. La campagne, refuge des villes, impose son mode de vie comme référence.

· Les grandes villes concentrent les risques (terrorisme, colère sociale, sanitaire). La campagne (re)devient un refuge, pour 30% des Parisiens par exemple qui ont fui la capitale la veille du confinement. L’urbanisation et la centralisation est un piège en période de crise. Le mode de vie campagnard, pourtant si dévalorisé, est celui vers lequel se rabattent tous les citadins qui le peuvent.

· Disposer d'un jardin est une richesse bien plus grande qu'un 65m2 dans le 16ème.

· En 2018, une enquête de Cadremploi dévoilait que 80% des cadres voulaient quitter Paris et jusqu’à présent très peu ont osé franchir le pas. Cependant, l’usage des outils de travail à distance ont démontré leur efficacité, au moins suffisamment pour limiter les allers-retours vers le bureau au strict minimum. Les villes devront trouver d'autres prétextes que la proximité d'emploi pour conserver leur population et le tarif exorbitant des logements. Le Grand Paris sera challengé par des logiques de migration vers les provinces.

#17. La famille, explosive ou clanique.

· Certaines familles se regroupent, les étudiants reviennent chez eux, les adultes accueillent les anciens, … le clan familial reste le meilleur moyen de faire face ensemble.

· La vie frugale, voir en autarcie, redevient un objectif pour ces clans. Il sera difficile de les faire revenir dans l’hyper consommation.

· D’autres familles souffrent de promiscuité, de relations conflictuelles. Le confinement rend certaines situations explosives. Ces personnes-là, au contraire, se rueront à nouveaux à l’extérieur de chez eux.

· La famille, explosive ou clanique, ne sera plus le noyau-ciment de notre société, mais un élément de fracture, en fonction de la façon dont elle a été vécue pendant le confinement.



Ecrit par Frédéric Falisse