La pleine conscience : phénomène de mode ou révolution thérapeutique ?

Curieux ce titre de l'Express : "phénomène de mode OU révolution thérapeutique". Comme si une révolution thérapeutique ne pouvait être à la mode. 
Alors que c'est peut-être parce que la pleine conscience EST une révolution thérapeutique, qu'elle est à la mode.  

 

Démonstration.

 

La conscience se définit comme « la faculté qu’à l’homme de connaître sa propre réalité et de la juger» (le Petit Robert).
D’ailleurs, « As-tu conscience de ce que tu fais » est bien une question qui invite à « vraiment » prendre en compte « la » réalité, avec un jugement sous-jacent que si cette personne était consciente de ce qui se passe (de « la » réalité), elle n’agirait pas comme elle agit.

Cette définition de la conscience semble à l’opposé des effets recherchés par la pleine conscience : lâcher-prise, présence au présent, à ce qui est, accueil sans jugement de nos sensations, …

 

Il y aurait donc une différence entre « avoir conscience » et « être pleinement conscient » de ce qui se passe.

 

C’est une idée surprenante.

 

Il suffirait d’être pleinement conscient, d’être au-delà de la simple conscience, pour en découvrir tous les bienfaits, éventuellement thérapeutiques.

 

C’est carrément une petite révolution, remettant en cause des siècles de certitudes. Ce serait passer du « je pense donc je suis » au « je sens donc je suis (en meilleure santé) ».

Et c’est probablement la perspective d’un mieux-être qui met cette petite révolution à la mode.

 

Étonnant ? Certainement ! 

 

La pleine conscience, c’est accepter ce que nous ressentons, sans jugement, comme « notre réalité ». C’est-à-dire accepter l’idée qu’il n’y pas « une » réalité, soumise au jugement, mais « notre » réalité propre à nos sens. Il n’y aurait pas d’autres réalités que la réalité subjective.

 

Déroutant ? Absolument !

 

Avec une promesse paradoxale : accueillir notre réalité subjective sans la juger permet de mieux vivre « la réalité », celle qui ferait sens pour tous.

 

Vrai ou faux ?

 

Là n’est pas la question. Puisque « ça » fonctionne !

Une autre question serait porteuse de nouvelles perspectives : comment le simple fait d’accueillir notre vécu comme « notre » réalité nous permet de mieux vivre « la » réalité ?

La question n’est pas que philosophique… elle serait également thérapeutique.

 

 

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