Comment sortir par le haut de la question du mariage pour tous ? Comment ajouter de la finesse plutôt que de produire de la haine ?

 

Tout ça manque tristement de vocabulaire... Les termes "mariage pour tous" sont mal choisis ... comme si un seul mot (mariage) pouvait décrire des situations tellement différentes : des parents hétéros offrent un cadre différent de celui qu'offrent des parents homo, l'amour entre hétéro et homo n'est pas semblable. Différent, ne veut pas dire moins respectables ou ayant moins de valeurs. 

 

Ma famille est différente : 2 de mes 3 enfants ont été adoptés. Ce sont tous les trois mes enfants, dans mon coeur et ma chair... mais un seul des 3 est blond, les deux autres sont blacks. Cela fait partie de notre réalité familiale : nos enfants le sont par filiation ou adoption. Il y a notre fils biologique et nos filles adoptives. C'est parce que nous reconnaissons ces situations comme différentes et que nous les nommons distinctement, que nous pouvons faire nos choix, que nous pouvons décider de notre intention. Pour nous parents d'aimer nos 3 enfants dans leurs différences et pour nos filles, d'aimer leur parents biologiques et adoptifs. Ne pas vouloir nommer ces différences, ce serait nier la réalité et nous empêcher de construire et consolider l'identité de notre famille et de chacun de ses membres.

 

Imposer le mot "mariage" dans toutes les situations ou 2 personnes s'unissent, impose d'en réduire le sens : il faut lui enlever l'aspect culturel, historique, les représentations des uns des autres. Bref, il faut réduire sa définition au plus petit commun dénominateur : 2 personnes qui s'aiment. 

 

Or, réduire le champ sémantique d'un terme revient à appauvrir la réprésentation que l'on peut avoir du monde et finalement le monde lui même. Camus le disait encore mieux : "mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde".

 

C'est pour ça qu'utiliser le même mot "mariage" pour TOUS est une humiliation pour TOUS. Pour les anti a qui ont impose d'abandonner les valeurs qu'ils placent dans ce mot ET pour les familles différentes qui ne sont, in fine, par reconnues dans leur réalité propre. 

 

Mes filles peuvent parler de leur filiation ET de leur adoption. Elles peuvent nous présenter comme leurs parents adoptifs et pour autant parler de leurs parents biologiques tout en étant comprises. Que vivra un enfant lorsqu'il n'aura pas d'autre mot que "mariage" pour décrire sa famille différente ? Comment construira-t-il son identité ? 

 

Je crois que ce gouvernement, en imposant le mariage à tous, a fait la démonstration de son incapacité à enrichir notre vocabulaire, notre sémantique, tout simplement parce qu'il n'est pas capable de respecter et de faire respecter de la même manière des situations différentes. A défaut de pourvoir développer et de diffuser cette intention positive, le gouvernement à préférer réduire  le sens du mot mariage.

 

Et ce n'est pas la première fois ! Déjà, ce même gouvernement voulait supprimer le mot "racisme" des textes de lois. D'après lui, cela aurait suffit à le faire disparaître. Mais alors, comment, sans le mot "racisme" condamner les actes... racistes ?

 

Alors plutôt que de réduire notre vocabulaire, nous pourrions l'enrichir, ce qui reviendrait à enrichir notre représentation du monde: en plus du mot "mariage", il y aurait un autre terme pour décrire les situations différentes... A partir de là, un travail de reconnaissance, de respect, d'appréciation de ces 2 réalités peut vraiment commencer ! Pas avant.

 

Celà aurait plus facilement permis aux "anti" d'apprécier ces situations différentes et aux familles différentes de faire valoir (dans l'acceptation exact du terme) leurs spécificités.

 

Mais pour cela, il aurait fallu un peu de finesse... 

 

 

 

 

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